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Archive for mars 2012

Monsieur Mélenchon, d’abord j’y crois dur comme fer. Un second tour Mélenchon – Hollande, ou Mélenchon – Sarkozy…

Et puis la machine se met en route. D’abord dans ma tête. Je me dis que non, ce n’est pas raisonnable, c’est prendre de trop grands risques. Je ne suis vraiment pas prêt pour un jour revoir un Le Pen, quel qu’il soit, au second tour de l’élection présidentielle de mon pays. La culpabilité, le doute. Le vote utile. La machine médiatique, la « chape de plomb », qui fait vraiment bien son travail, décidément.

Je vis loin de mon pays, expatrié dans une Amérique Latine qui je le sais vous est chère, celle des Chavez, des Morales, des Correa ! Mon accès à l’information et à ce qu’il se passe dans mon pays se limite donc à l’internet, la radio et aux rares émissions de télévision qui sont accessibles depuis l’étranger. C’est vous dire quelle est mon état quasi-dépressif quand je lis un certain entretien dans le Guardian, ou certains titres de Libération. Comment peuvent-ils rendre leur cause encore plus indéfendables ? Pire encore, une envie me vient de tout casser, lorsque j’assiste au mépris du peuple par son propre président-candidat et son gouvernement d’incapables, méprisant comme Pujadas face à un syndicaliste !

Il m’est donc difficile de jauger, de m’animer, de palper l’ambiance. Je tente pourtant de faire ma part, mon petit quelque chose via les réseaux sociaux notamment, ou trop rarement par écrit sur un blog. Cela me permet d’avoir l’impression d’être sur le terrain et de me battre avec les miens. Mais ce qui me relie le plus à mon pays aujourd’hui, c’est vous. Non pas votre personne, vous m’êtes au demeurant très sympathique et j’admire l’énergie avec laquelle vous vous battez pour défendre les votre, mais bien ce (ceux?) que vous incarnez. Un front de gauche. Vous me montrez chaque jour que l’horizon n’est jamais indépassable, que la France est un pays vigoureux, qui est riche de son peuple, qu’il n’y a pas de honte à avoir et qu’il faut se rebeller encore et encore sans jamais s’avouer battu ni se trouver satisfait. Vous êtes la France que j’aime monsieur, la belle, la rebelle, celle qui sait dire Non ! Celle qui sort et qui hurle sa douleur, celle qui cherche un sens au mot « classe »…

Alors, après avoir « bouffé » votre article comme un assoiffé d’espoir, qui manque d’air, qui suffoque par manque d’idées nouvelles, je me redresse, je sens la foule derrière moi scander « Résistance » et je sais que je ne suis plus seul. Je sens à des milliers de kilomètres tout un peuple se mettre en marche, se dire « pourquoi ne pas faire un pas de côté » et se lancer dans un mouvement universaliste et égalitaire dont les français se faisaient une spécialité et enfin embraser l’Europe et l’Amérique ! D’un coup, cela devient aussi clair que les larmes du peuple grec, au second tour je voterai Mélenchon.

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