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Posts Tagged ‘choc des civilisations’

Un autre hommage à Claude Guéant…

Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente.
Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte.
Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde.
Le fait est que la civilisation dite « européenne », la civilisation « occidentale », telle que l’ont façonnée deux siècles de régime bourgeois, est incapable de résoudre les deux problèmes majeurs auxquels son existence a donné naissance: le problème du prolétariat et le problème colonial; que, déférée à la barre de la « raison» comme à la barre de la « conscience », cette Europe-là est impuissante à se justifier; et que, de plus en plus, elle se réfugie dans une hypocrisie d’autant plus odieuse qu’elle a de moins en moins chance de tromper.

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Si nous étions forcés à l’option entre les barbares de la civilisation et les civilisés de la barbarie, nous choisirions les barbares.

Après les propos de Claude Guéant qui nous a dernièrement délivré le fond de sa pensée tout en faisant un coup électoral en déclarant :

« Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas.(…) Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique. En tout état de cause, nous devons protéger notre civilisation. »

On se demande de quelle égalité, de quelle fraternité, de quelle liberté ce monsieur nous parle. Est-ce la liberté des plus riches à bénéficier de toujours plus de réduction d’impôt depuis plus de vingt ans? Ou peut-être s’agit-il de la liberté de circuler des capitaux, plus à même de passer les frontières que le peuple? Est-ce la fraternité ou la haine sociale qu’ont subit les Roms et autres personnes étrangères expulsées chaque année du territoire français? Ou peut-être s’agit-il de la fraternité d’une oligarchie qui chaque jour confisque le pouvoir et s’attribue de nouveaux privilèges digne de l’époque féodale? Est-ce l’égalité d’accès à des services publiques, incluant un système scolaire, un accès à la santé, une qualité de vie, un accès au droit pour tous et de qualité? Ou peut-être s’agit-il de la parité, de l’égal traitement des religions entre elles et de leurs croyants?

Non, décidément. La gauche française n’a rien de relativiste, contrairement à ce que bave ce faux semblant d’ignorant, adepte d’une théorie dépassée, fausse et raciste, celle du Choc des civilisations. La même qui a servi a Bush fils pour justifier l’invasion de l’Irak, l’Afghanistan et ouvrir un camp de prisonniers à Guantánamo en dehors de tout droit international.

La gauche républicaine française, c’est celle de la déclaration UNIVERSELLE des droit de l’homme, celle qui défend ces droits au dessus de toutes autres considérations, de religion, de sexe, de culture. Ce sont des droit absolus, inaliénables. Ce sont ces mêmes droits que ce monsieur, le gouvernement auquel il appartient et la politique à laquelle il adhère n’ont de cesse d’attaquer et de salir jour après jour.

Un peu de lecture maintenant…

En [19]93, selon que l’idée qui flottait était bonne ou mauvaise, selon que c’était le jour du fanatisme ou de l’enthousiasme, il partait du faubourg Saint-Antoine tantôt des légions sauvages, tantôt des bandes héroïques. Sauvages. Expliquons-nous sur ce mot.

Ces hommes hérissés qui, dans les jours génésiaques du chaos révolutionnaire, déguenillés, hurlants, farouches, le casse-tête levé, la pique haute, se ruaient sur le vieux Paris bouleversé, que voulaient-ils? Ils voulaient la fin des oppressions, la fin des tyrannies, la fin du glaive, le travail pour l’homme, l’instruction pour l’enfant, la douceur sociale pour la femme, la liberté, l’égalité, la fraternité, le pain pour tous, l’idée pour tous, l’édénisation du monde, le Progrès; et cette chose sainte, bonne et douce, le progrès, poussés à bout, hors d’eux-mêmes, ils la réclamaient terribles, demi-nus, la massue au poing, le rugissement à la bouche.

C’étaient les sauvages, oui; mais les sauvages de la civilisation. Ils proclamaient avec furie le droit; ils voulaient, fût-ce par le tremblement et l’épouvante, forcer le genre humain au paradis. Ils semblaient des barbares et ils étaient des sauveurs. Ils réclamaient la lumière avec le masque de la nuit. En regard de ces hommes, farouches, nous en convenons, et effrayants, mais farouches et effrayants pour le bien, il y a d’autres hommes, souriants, brodés, dorés, enrubannés, constellés, en bas de soie, en plumes blanches, en gants jaunes, en souliers vernis, qui, accoudés à une table de velours au coin d’une cheminée de marbre, insistent doucement pour le maintien et la conservation du passé, du moyen-âge, du droit divin, du fanatisme, de l’ignorance, de l’esclavage, de la peine de mort, de la guerre, glorifiant à demi-voix et avec politesse le sabre, le bûcher et l’échafaud.

Quant à nous, si nous étions forcés à l’option entre les barbares de la civilisation et les civilisés de la barbarie, nous choisirions les barbares. (Victor Hugo, Les misérables)

Si nous étions forcés à l’option entre les barbares de la civilisation et les civilisés de la barbarie, je choisirais moi aussi les barbares.

Guéant, le misérable, Guéant Dégage !

Un peu de géographie pour démontrer l’absurdité de la théorie du Choc des Civilisations :

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